Peaux plissées, gonflées, tordues, formes déformées, travaillées, modelées... Bertrand Pigeon utilise le béton pour créer des sculptures.
Lorsque Bertrand Pigeon (né en 1961) intègre les Beaux Arts de Paris dans les années 1980, il devient le pensionnaire de l’atelier du sculpteur Michel Charpentier. Il y apprend la technique du ciment travaillé sur une armature métallique. Il ne lâchera plus jamais ce médium. Retour sur l’œuvre de cet artiste du béton.
Peaux plissées, gonflées, tordues, formes déformées, travaillées, modelées… Bertrand Pigeon utilise le béton, qui devient sous ses doigts matière vivante. Les formes de ses sculptures sont en mouvement, elles s’animent, ont des postures particulières. Seul, le corps est représenté : courbes, attitudes les plus intimes, qui ont le plus de sens. Son inspiration vient de ce qui l’entoure et de son expérience intérieure. Bertrand Pigeon transforme le béton, communément figé et structurel, en un matériau mouvant et de déséquilibre. Son travail est une véritable lutte contre la vitesse de prise de ce matériau et celle de la chute des corps, la pesanteur qui leste toute figure. « La sculpture est contraignante de par sa mise en œuvre. L’esprit est censé guider la main, mais ici c’est le contraire. Il y a une interaction entre la prise rapide du matériau et ce qui en résulte », explique Bertrand Pigeon. En effet, ces contraintes mécaniques font interagir avec la créativité du sculpteur. L’utilisation du béton magnifie son travail. « Ce matériau est résolument contemporain. Il me permet d’ancrer mon acte créatif dans le présent. » Et viennent les “Empreintes” tirées de ses sculptures, qui allient ciment tenu avec un liant et collé sur tissu. Elles ne prennent que les arêtes de ses créations, pas leurs volumes et interrogent sur la mémoire, celle du corps.
Retrouvez tout l’univers de Bertrand Pigeon sur : http://www.bertrandpigeon.com et https://www.youtube.com/watch?v=AC-Sg0Rtkok / Contact : Charlotte Plase 06 64 33 81 46
- Bertrand Pigeon (né en 1961), artiste du béton, qu’il magnifie.
- Des sculptures de Bertrand Pigeon, on ne retient que des formes humaines longilignes quasi-abstraites, indéchiffrables. Ici en béton patiné, “Le Feu” s’élance vers le spectateur.
- L’artiste est capable de reproduire inlassablement les mêmes figures sculptées, en les modelant sans cesse, d’une manière concrète comme figurée, au point que certaines n’ont presque plus de forme humaine. Tel, “Le Chevalier”.
- La sculpture “Le Gardien” évoque une silhouette que l’on distingue dans le lointain, aux contours flous.
- « Il faut du chaos en soi, pour engendrer une étoile qui danse », écrivait Friedrich Nietzche. Bertrand Pigeon en a fait sa devise. De la matrice naît “Le Séisme”.
- Et viennent les “Empreintes” tirées des sculptures de l’artiste, qui allient ciment tenu avec un liant et collé sur tissu marouflé.
- Le béton en 5 qualificatifs : « Entier, sans concession et en même temps très malléable. Il doit se fabriquer (non prêt à l’emploi). Polymorphe. Exigeant et puissant ».
- Dualité entre le vide et le plein, et recherche du “nouhymen” (indicible) rythment l’expression plastique de Bertrand Pigeon.