Lana Loeber : Au service de l’imaginaire

Muriel Carbonnet
26/03/2025

Au cœur du Havre, Lana Loeber transforme le béton en œuvres d’art délicates et poétiques. D’origine allemande, l’artiste mêle parcours scientifique et amour pour l’art.

Article paru dans Béton[s] le Magazine n°117.

L’artiste Lana Loeber dans son atelier du Havre. [©CrisToF]
L’artiste Lana Loeber dans son atelier du Havre. [©CrisToF]

Titulaire d’un diplôme de géologie et d’un doctorat en chimie physique, l’artiste havraise d’origine allemande Lana Loeber a d’abord exploré les mystères des pierres, avant de se tourner vers le béton. « Je suis venue faire mes études de géologie en France, de Paris jusqu’à la côte normande, après mon premier diplôme en Allemagne. Les pierres, ça m’a toujours très attirée et même les bacs à sable [Sourire]. A cette époque, je faisais beaucoup de recherches en laboratoires sur différents matériaux. Je pense que ce parcours scientifique m’a beaucoup aidée à développer mon propre béton coloré et brillant. »

Le Havre : Une source d’inspiration

Lana Loeber expérimente la scuplture en béton coloré avec une touche de tendresse. Tout un bestiaire farfelu émerge : des souris, des renards, des lapins, des félins…
[©CrisToF]
Lana Loeber expérimente la scuplture en béton coloré avec une touche de tendresse. Tout un bestiaire farfelu émerge : des souris, des renards, des lapins, des félins… [©CrisToF]

L’idée de travailler cette matière lui vient aussi de son métier de guide-conférencière au Havre. La référence à l’architecture Perret est bien là, assumée :  « J’arpente de long en large toutes les rues du Havre, avec des petits groupes de visiteurs. Je leur explique l’architecture d’Auguste Perret et sa façon de traiter le béton. Et je leur fais voir que le résultat n’est pas gris. Que justement, ce n’est pas gris du tout. Mais non, que c’est juste beau. Que c’est une belle ville, Le Havre. »

Manier le béton comme un peintre sa toile

Lana Loeber manie le béton comme un peintre sa toile. [©CrisToF]

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Lana Loeber s’essaye aussi au design en béton coloré.[©CrisToF]

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Dans son atelier, Lana Loeber manie le béton comme un peintre sa toile. Mais elle expérimente aussi la scuplture et le design. Elle sait soulignerla richesse des nuances que le béton peut offrir. « On mélange du sable et du ciment avec de l’eau et des pigments pour obtenir une pâte pas trop fluide et pas trop visqueuse. On n’arrive jamais à avoir un trait lisse. C’est toujours un peu en mouvement, comme la vie », explique-t-elle.

Lana Loeber expérimente la scuplture en béton coloré avec une touche de tendresse. Tout un bestiaire farfelu émerge : des souris, des renards, des lapins, des félins… [©CrisToF]

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Cette recette simple cache une véritable alchimie créative. « C’est une sorte d’expérimentation. Pour moi, le béton, c’est une façon de mettre mon énergie dans une matière, de la figer dans cette même matière. C’est un matériau qui perdure, typique de notre société. Il est tout à fait moderne. Dans mille ans, une nouvelle couche géologique aura été formée, celle du béton. Le mien est, lui, toujours brillant et coloré. » Le résultat ? Des œuvres oniriques, douces et légères : une souris par là, un renard par ci, un lapin aussi et même un félin…

Article paru dans Béton[s] le Magazine n°117.

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